| Dans
la salle du bar tabac de la Rue de Martyr
Dans la salle du bar tabac
de la Rue des Martyrs
Y a des filles de nuit qu'attendent
le jour en vendant du plaisir
Y a des ivrognes qui s'épanchent
au bar
Qui glissent lentement le
long du comptoir par terre
Dans la salle du bar tabac
de la Rue des Martyrs
Le patron a un flingue pour
l'ingénu qu'en voudrait à la tirelire
Dans les chiottes les mots
gravés sur les murs
Parlent de sexes géants
d'amours et d'ordures ensemble
Ici chacun douc'ment oublie
l'ombre d'une vie passée d'une femme de décombres
Dans ce cliché funèbre
on cherche l'oubli d'un parfum d'une voix
On éteint l'impact
encore brûlant de lèvres entrouvertes humides et douces
Dans la salle du bar tabac
de la Rue des Martyrs
Certains soirs tout à
coup dans un coin on s'arrête de rire
Et quand brusquement les
lames sortent tout l'monde dégage
Se jette sur la porte en
verre
Dans la salle du bar tabac
de la Rue des Martyrs
Y a des seringues vidées
goulûment dans des bras sans av'nir
Ici la dope c'est à
la poignée
Les p'tites cuillères
servent que rar'ment pour le café
Ici chacun douc'ment oublie
l'ombre d'une vie passée d'une femme de décombres
Dans ce cliché funèbre
on cherche l'oubli d'un parfum d'une voix
On éteint l'impact
encore brûlant de lèvres entrouvertes humides et douces
Dans la salle du bar tabac
de la Rue des Martyrs
Y a des vieux gars tatoués
partout qui racontent leurs souvenirs
Y a des voyageurs tristes
pardessus et valises
Y a des bookmakers qui ramassent
les mises la nuit
Dans la salle du bar tabac
de la Rue des Martyrs
On peut tout ach'ter tout
vendre le meilleur et le pire
Une vieille clocharde la
gueule défoncée
Rentre avec sa poussette
et se met à gueuler à boire
Dans la salle du bar tabac
de la Rue des Martyrs {x3}
L'amour forain
Derrière son comptoir,
tatouages déployés
Il servait les mômes
d'un sourire sucré
Le roi d'la guimauve c'était
bien lui
Son stand sentait bon le
caramel roussi
A l'autre bout de la fête
foraine
S'exhibait, morose, la femme
Baleine
Vingt fois par jour elle
barbotait devant
Ces badauds qui n'y croyaient
plus depuis longtemps
Le roi d'la guimauve et la
femme Baleine
S'aimaient d'amour forain
ils n'en surent jamais rien
Le roi d'la guimauve et
la femme Baleine
S'aimaient d'amour forain
ils n'en surent jamais rien. |
La
petite cirrhose du port de Copenhague
Un gars nommé Andersen
furieux du goulot
Tournait dans les bars des
ports de Nantes à Oslo
C'est dans l'pays danois
qu'il devait trouver
Les pires emmerdes d'sa
vie, triste destinée.
Et la petite Cirrhose du
port de Copenhague
Allait l'envoyer direct
au creux de la vague.
Dans le port de Copenhague
on la connaît bien
La petite Cirrhose, celle
qui a un grain.
Et tous les gars qu'elle
entraîne, s'ils n'sont pas crétins
Au bout de quelques fredaines,
passent vite leur chemin.
Elle fricote sans pudeur
avec deux mat'lots,
Berg et Borg, c'est leur
noms de sacrés charlots.
Tous deux, limités
du bulbe, ils supportent bien
Qu'Cirrhose soit débile
vu sa chute de rein.
En effet ses avantages sont
bien évidents
Jamais vu telle morue au
pays des Harengs.
Dans le port de Copenhague
on la connaît bien
La petite Cirrhose, celle
qui a un grain.
Et tous les gars qu'elle
entraîne, s'ils n'sont pas crétins
Au bout de quelques fredaines,
passent vite leur chemin.
C'est au bar de la crevette
qu'Andersen la voit
Et au fond de sa culotte
l'activité s'accroit.
Mais les deux proprios de
la p'tite Cirrhose
Déboulent dans la
rade : "touche-la si tu l'oses!"
Adersen, fou d'amour, tente
alors son va-tout.
Il casse Berg et tue Borg
en tapant comme un fou
Pour la petite Cirrhose
du port de Copenhague
Il casse Berg et tue Borg
c'est pas des blagues.
Moralité il se trouve
dans de beaux draps.
Car il casse Berg et tue
Borg et se retrouve au plaquard.
Il casse Berg et tue Borg,
blague à part.
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